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Très tôt
des controverses sont nées pour contester de façon purement formelle la
paternité de la Marseillaise à Rouget de Lisle.
Une première fois en 1842, un auteur allemand a soutenu la thèse de la naissance de l'hymne patriotique
sur le sol germanique, s'appuyant sur une mention erronée portée dans la "Chronique de Paris" numéro du 29 août 1792
où l'on peut lire :"On entend demander actuellement dans tous les spectacles
ALLONS ENFANS DE LA PATRIE. Les paroles sont de M. Rouget, capitaine du génie en garnison à Huninge. L'air a été
composé par ALLEMAND pour l'armée de Biron.....".
M. G. Kastner a démonté cette théorie en 1848 dans ses articles de la revue et gazette musicale des 26.03.1848
et 16.04.1848.
Le 19.07.1863,
parait un article de cette même publication intitulé :" Rouget de
Lisle n'est pas l'auteur de la Marseillaise, j'en fournirai la preuve..",
article à sensation du à la plume de M. Fétis, musicographe belge en mal
de publicité qui prétendait posséder dans sa bibliothèque un ouvrage portant
le titre :" Marche des Marseillois, musique de Navoigille". Cette
polémique née autour d'un ouvrage jamais présenté, d'une édition d'ailleurs
postèrieure à la première publication du chant de guerre pour l'armée
du Rhin, ne présente de réel intérêt que par les arguments définitifs
et difficilement récusables exposés par les détracteurs de M. Fétis, qui
s'est d'ailleurs rétracté par une lettre publiée dans la gazette musicale
du 30.10.1864 ; à la veille de comparaitre
en justice.
Documents présentés :
*Compte rendu d'une séance de la Convention du 26 messidor an III ( 14.07.1795 ) :
Demande pour que l'hymne composé par Rouget de Lisle soit chanté à la
prochaine fête publique.
*Séance de la Convention du 9 Thermidor
an III : Fréron :"J'appelle l'intérêt et la justice des comités
du gouvernement sur l'auteur de l'hymne que vous venez d'entendre, sur
Rouget de Lisle, qui sait également chanter la liberté et combattre pour
elle...
Je demande que le comité de salut public s'occupe promptement de le récompenser,
en lui donnant de l'emploi dans les armées de la République." ( Il était
incarcéré sous la terreur ).
( paru au moniteur du 15 thermidor an III, 02.08.1795 )
*Proclamation faite au chant de Mars
le 1er vendémiaire an V, anniversaire de la République, conformément à
l'arrêté du Directoire.
On y parle de Rouget de Lisle, le véritable Tyrtée français par l'influence
de son chant marseillais, dont il est le poète et compositeur tout ensemble.
( paru au moniteur du 10 vendémiaire an V, 20.09.1797 )
*Témoignage de M. Gretry dans ses mémoires publiées en 1797 :
"On a attribué l'air des Marseillois à moi et à tous ceux qui ont fait quelques accompagnements. L'auteur de cet air
est le même que celui des paroles, c'est le citoyen Rouget de Lisle.
Il m'envoya son hymne : Allons enfants de la patrie, de Strasbourg où il était alors, six mois avant qu'il fut connu
à Paris ; j'en fit d'après l'invitation de l'auteur, tirer plusieurs copies que je distribuais."
*Témoignage de Rouget de Lisle dans " les cinquantes chants français " ( 1825 )
" Hymne des Marseillais : je fis les paroles et l'air de ce chant à Strasbourg,
dans la nuit qui suivit la proclamation de la guerre, fin avril
1792. Intitulé d'abord, chant de l'armée du Rhin, il parvint
à Marseilles par la voie d'un journal constitutionnel, rédigé sous les
auspices de l'illustre et regretté Dietrich.
Lorsqu'il fit son explosion quelques mois après, j'étais errant en Alsace,
sous le poids d'une destitution encourue à Huninge, pour avoir refusé
d'adhérer à la catastrophe du 10 août, et poursuivi par la proscription
immédiate qui, l'année suivante, dès le commencement de la terreur me
jetât dans les prisons de Robespierre, d'où je ne sortis qu'après
le 9 Thermidor."
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