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Un aperçu sur la succession de Charles Baudelaire décédé intestat le 31 août 1867 à Paris 16e.

  Baudelaire est à son décès domicilié au 1 rue du dôme, quartier de l'étoile, qui est une rue adjacente à la rue Victor Hugo. Il laisse pour lui succéder, sa mère Mme Caroline ARCHAMBAULT DUFAYS, veuve en 1eres noces de François BAUDELAIRE et épouse en secondes noces du général de division Mr Jacques AUPICK.
Elle est domiciliée à Honfleur et est mentionnée comme étant unique héritière à défaut d'héritiers au degré successible, elle accepte la succession sous bénéfice d'inventaire, qui a lieu le 6 septembre 1867 et est effectué par Me Raynal, notaire à Paris, en charge du règlement de la succession.
  Cependant, deux évènements presques simultanés vont compliquer les choses , le décès de sa mère et les prétentions d'un cousin au 7e degré dans la ligne paternelle revendiquant des droits dans la succession.
Jean Louis Victor GERAULT, le cousin au 7e degré qui se fait connaître présente un certificat (acte daté du 20/08/1871 fait à la Neuville- au-Pont ), avec détail de sa filiation, il est ainsi habile à se dire et porter ayant droit dans la ligne paternelle (les auteurs communs sont les trisaïeux de Charles Baudelaire, qui sont les arrières-grands parents de Mr Gérault ); il a droit à la moitié dévolue à la ligne paternelle, dont 1/3 seulement en nue-propriété, l'usufuit revenant à la mère.
  La mère de Baudelaire décède le 16/08/1871 à Honfleur où elle était domiciliée ; saisie de ses droits dans la succession de son fils, elle laisse par testament ( olographe du 27/03/1869 reçu par Me Lefevre notaire à Honfleur), Mme Anne Félicité DUCESSOIS veuve de Claude Alphonse Baudelaire ( propriétaire domiciliée à Fontainebleau ), Mr Narcisse Désiré ANCELLE et Mr Jean Louis EMON envoyés en possession par une ordonnance reçue par Monsieur le président du tribunal civil de Pont-l'Evèque.Ils sont légataires universels chacun pour 1/3.
Précisions sur certains héritiers :
1°/ Jean Louis Victor GERAULT est un journalier domicilié à Sainte-Ménéhoulde, il se fait représenter par son mandataire Mr Louis François Jules Picque propriétaire à Paris.

2°/ Mme Anne Félicité DUCESSOIS, veuve de claude Alphonse BAUDELAIRE ( demi-frère consanguin et parrain de Charles, décédé le 14.04.1862 sans postérité ), est mentionnée comme propriétaire domiciliée à Fontainebleau.

3°/Mr Narcisse Désiré ANCELLE, membre de la famille du coté AUPICK, notaire et ancien tuteur du poète, qui, devenu riche en entrant en possession de l'héritage de son père mena une vie si dispendieuse, que sa famille jugea bon de le placer sous tutelle, officialisée par une décision de justice le 21 septembre 1844.

Liquidation de la succession le 07.12.1871 :
Pour indications :
Mobilier 93 Fr
Vente des oeuvres littéraires 1750 Fr
Créance LUBIE 18500 Fr
Intérêts au décès 154,16 Fr
10 000 Fr de rente française 1%
n° 5312
23233,70 Fr
Arrérages 166,67 Fr
Nue-propriété de 900 Fr rente 3%
Usufruit appartenait à la Vve
AUPICK comme donataire de
François Baudelaire son 1er mari
( acte reçu par Me Guibert notaire
à Neully ) ( ½ de 20910 Fr )
10455 Fr
Total 54352 Fr


Les oeuvres littéraires, qui sont présentées ci-dessous sont vendues aux enchères :
1°/ Les fleurs du mal y compris 11 pièces nouvelles devant former un volume.
2°/ Un ouvrage sur les beaux arts comprenant divers salons et articles parus dans différents journaux et devant former un ou deux volumes.
3°/ Les Paradis artificiels, Les poèmes en prose et notices littéraires sur quelques contemporains devant former 2 ou 3 volumes.

Sur la vente aux enchères :
Encart paru le lundi 25/11/1867 ( annonces judiciaires légales et avis divers )
" Adjudication en l'étude et par le ministère de Me Raynal, notaire à Paris, le 04/12/1867, à midi, d'un droit à la publication des œuvres de Mr Charles Baudelaire. Mise à prix 1000 Francs. S'adresser : 1° Au dit Maître Raynal notaire, rue Saint-Ferdinand-des-Ternes n°10 2° à Maître Lortat-Jacob, avoué, rue Richelieu n°60. "
L'adjudication est faite au profit de Mr Michel LEVY libraire demeurant à Paris rue Vivienne que son mandataire Mr Asselineau oblige tout au paiement la dite somme de 1750 Francs ( Mr Asselineau est attaché à la bibliothèque Mazarine ). Mr Michel LEVY a publié entre autre en 1846, un volume , Salon de 1846 et est en outre déjà propriétaire des traductions de POE par Baudelaire ( Mise en vente en 1856 des histoires extraordinaires de POE dans la collection Michel LEVY à 1 Fr. Mise en vente en 1856 des histoires extraordinaires de POE dans la collection Michel Levy à 1fr , et traite la même année avec lui pour la publication ultérieure des aventures d'Arthur Gordon Pym, en 1865 il met en vente le 5e volume de POE traduit par Baudelaire. ).